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La guerre marocaine de l’islam de France

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Des maux pompeux, des mots-valises et un islam comme portefeuille…

D’abord, l’islam de France est un concept politique qui veut dire l’indépendance des représentants et dirigeants de l’islam et des musulmans de France de l’ingérence étrangère. C’est une formule que répètent hypocritement les représentants de l’Etat français, de Sarkozy à Valls, ceux-là même qui ne cessent de renforcer l’ingérence étrangère, surtout celle des régimes algériens et marocains, qu’elle soit consulaire ou sécuritaire, en traitant directement avec les services de renseignement de ces deux pays.

Mais le pire dans la pratique sarkozyste ou Vallsiste de l’islam de France, c’est l’institutionnalisation de l’ingérence policière française, via les RG, DCRI & Cie… Concernant l’islam de France comme credo religieux ou principe idéologique, c’est purement une hérésie : y croire, c’est se jeter dans l’apostasie.

Les noms propres et les sigles cités dessus ou dessous feront chacun l’objet d’un article spécifique en forme autobiographique. Concernant l’ingérence marocaine, elle prend la forme institutionnelle de 4 sigles: FNMF, RMF, UFM, CFM. Les sigles sont appelés en bon français mots valises. Mais pour les marchands de tapis qui nous dirigent, qu’ils soient analphabètes bilingues, brillants francophones ou poètes arabes, ce charabia de sigles peut être traduit par le souk et la fitna de l’islam de France.

FNMF : Fédération Nationale des Musulmans de France
RMF : Rassemblement des musulmans de France
UMF : Union des Mosquées de France
CMF : Congrès des Musulmans de France

Le M qui devait représenter Musulmans ou Mosquées est une usurpation et une perversion. Ces M représentent politiquement le M de Marocains… Mais si seulement ils représentaient les Marocains en tant que peuple digne, respectable et respectueux de l’islam…

Si seulement ce M ne voulait pas mettre la M… à l’intérieur des Mosquées qui sont fréquentées en majorité par des Marocains Modestes et Magnifiques, mais qui sont, comme les autres peuples arabes et communautés musulmanes en France, trahis par des dirigeants maléfiques. Car en réalité, les M du FNMF, RMF, UMF, CMF… représentent des Maroquins, c’est-à-dire des portefeuilles. Le vrai M que représentent ces sigles, c’est le M de Maghzen au service de Mohammed VI. Pire, au service du Mal.

Les dirigeants des musulmans : ennemis des musulmans ?

Avec le Premier Printemps arabe, la Révolte d’Alger en octobre 1987, qui a accouché du FIS et du renforcement de l’islamisme en France, le maghzen, c’est-à-dire l’establishment marocain, a décidé de pratiquer l’ingérence dans l’islam de France pour combattre l’influence des islamistes, surtout celle du parti Justice et Bienfaisance que dirigeait feu cheikh Yassin et l’influence de l’élite de l’UOIF sur les musulmans marocains.

D’abord, le maghzen va noyauter puis détourner le FNMF. Ce beau projet était la fédération islamique la plus représentative et la plus dynamique, lancée par des convertis comme Youcef Leclerc et Ayyoub Leseur, et par des leaders des Frères comme AbdAllah Benmansour et Thami Brèze. Le maghzen propulse alors Mohamed Béchari, un parvenu inconnu soutenu à l’époque par le ministre tortionnaire de l’intérieur Driss Albasri et par le général des Services Marocains Hamidou Laanigri.

Mais après l’accès au trône de Mohammed VI qui voulait se débarrasser des cerbères de son père, puis avec l’arrivée graduelle des islamistes au pouvoir marocain, les deux parrains militaro-policier de Béchari perdent leurs pouvoirs. Béchari est donc déstabilisé puis balayé. L’opération a duré plus de 3 ans, la bataille a eu comme théâtre les tribunaux de justice et les mosquées… avec l’argent comme arme de guerre.

La corruption de l’islam par leurs imams…

A partir de 2008, celui qui représente le Maroc ou le Maghzen dans l’islam de France s’appelle le RMF. Le maghzen réalise alors une prise de guerre extraordinaire. Il a réussi à débaucher deux anciens membres importants de l’UOIF, Anwar Kbibech et Amine Nedjdi, pour devenir Président et vice-président du RMF. Il va débaucher d’autres imams ou responsables de l’UOIF comme Bousekri de la mosquée d’Anneamsse. Même si plusieurs dirigeants du RMF se sont révélés, contrairement aux anciens du FNMF, intègres et pieux, le maghzen a réussi à les engluer dans les futilités bureaucratiques et dans les calculs claniques.

La ruse est diabolique : offrir aux imams un appareil supposé utile et fertile (RMF), le noyauter puis le noyer dans le futile. L’appareil s’automutile ! Ainsi, le maghzen a anticipé, asséché ou éclaboussé l’émergence de véritables savants et de leaders musulmans. Quel géni pour lui (le Maghzen) ! Quel gâchis pour nous (tous les musulmans)!

Mais le grand coup du maghzen, c’est la corruption intellectuelle de Tareq Oubrou qui est devenu un agent de pourrissement à l’intérieur même de l’UOIF. Celui qui se présente comme Grand imam de Bordeaux, en réalité un Grand Chalghoumi en guerre contre le voile comme obligation islamique et comme droit civique, démontre que depuis le combat du prophète à Médine jusqu’à la monarchie dirigée par l’auto-proclamé émir des Mouminines, le grand danger c’est l’ennemi intérieur, c’est les mounafikines (hypocrites). Oubrou a réussi, à lui-seul, à saccager l’image de l’UOIF qui se retient de le désavouer publiquement par peur des islamophobes. La guerre contre l’UOIF est le point commun entre le maghzen marocain, à travers ses diverses façades citées dessus, les services Algériens, de la mosquée de Paris dirigée par le caïd Boubakeur au mercenaire de la plume Mohamed Sifaoui, l’Establishment français, du CRIF aux RG, de BHL à Caroline Fourest.

L’argent : le nerf de la fitna.

Revenons à nos moutons ! À partir de la déconfiture du Printemps arabe fin 2012, le maghzen décide d’envoyer son Pasqua à Paris comme ambassadeur pour faire le ménage. Mais l’ancien ministre de l’intérieur Chakib Benmoussa, se prend les pieds dans le tapis du scandale Dassault, pour qui l’ambassade allait sacrifier la vie ou la liberté de certains jeunes franco-marocains.

Revenons à nos loups ! Le ménage (ou la chasse) a donc été lancé. Pour couper l’herbe sous les pieds des simili-islamistes, le maghzen a coupé les vivres au RMF et a lancé deux nouvelles associations, l’UMF avec Mohamed Moussaoui, le CMF avec Khalil Merroun. Alors une nouvelle guerre a été lancée entre ces associations, et donc dans et entre plusieurs mosquées. Au grand plaisir des services de renseignement marocains et français. En parfaite collaboration, plusieurs responsables ou candidats à présider ces associations envoient, avec abondance et persévérance, des notes et des documents compromettants pour dénoncer et fragiliser les autres concurrents. En se bouffant les uns les autres, les représentants de l’islam de France deviennent soit des Frankenstein qui ne font du mal qu’à l’islam, soit des Chalghoumi tenus par la laisse des casseroles et des scandales qu’ils trainent.

Pour comprendre l’enjeu de cette guerre incendiaire, il faut mettre en lumière quelques chiffres : le budget annuel du RMF dépasse les 3 millions €. Le budget annuel de plusieurs mosquées rode autour de 2 millions €. Pour mener les élections du CFCM ou le trafic associatif, plusieurs imams ou dirigeants ont empoché chacun au minimum 100 000€. Le pactole n’est pas seulement national, il est surtout local.

Pour comprendre la guerre entre Marocains dans la mosquée Mohammed VI de Saint-Étienne qui a bénéficié de 5 millions € de dons du roi chérifien, il faut connaitre le magot : le salaire du recteur de la mosquée, Larbi Marchiche, dépasse les 4000 € ; sa berline luxueuse de voiture de fonction avec chauffeur (une Citroën du même modèle que celle du président Hollande) a été achetée 39200 € avec l’argent de la mosquée ; plus de 7 postes de « fonctionnaires de la mosquée » avec un salaire mensuel de 1700€ minimum, 3000 € pour le chargé de la Com. Un large éventail pour se goinfrer et pour placer les membres de son clan ! Alors, ne soyez pas surpris quand d’anciens dealers ou escrocs laissent pousser la barbe et se convertissent dans le travail islamique (la conversion n’est pas une repentance, mais changement de devises).

CFCM : poudre aux yeux et poudrier de la guerre algéro-marocaine.

Cette guerre entre Marocains pour le contrôle de quelques boutiques de l’islam de France se manifeste lamentablement dans la bataille judiciaire pour présider le CFCM régional de l’île de France entre Bouhoute et Bekkay, (en arabe, les deux prénoms veulent dirent recherche et pleurnicheur). En réalité, la guerre entre Marocains est la conséquence de la guerre entre Algériens et Marocains pour le contrôle des mosquées, qui est la conséquence de la création du CFCM. Chacun des régimes algérien ou marocain a dépensé, dans chaque élection du CFCM, plusieurs dizaines de millions d’euros pour contrôler les mosquées, pour acheter leurs imams ou leurs responsables.

Cette guerre algéro-marocaine s’est traduite par des batailles, parfois physiques, à l’intérieur même des mosquées. Des murs ont été construits à l’intérieur même des salles de prière pour séparer les Algériens et les Marocains dans plusieurs mosquées de France, Marseille Auxerre, etc…

Dans le nord, à Denaim, la place centrale de la ville sépare deux mosquées qui s’observent en chiens de faïence, l’une algérienne et l’autre marocaine. Dans le 91, une mosquée pavillon a été coupée en deux, un étage pour les Algériens et un autre pour les Marocains. Dans une autre mosquée, les « frères-ennemis » ne sont pas séparés par le lieu, mais par le temps : à chacune des cinq prières quotidiennes, il y a deux offices : un réservé pour les Algériens et l’autre pour les Marocains.

C’est une réalité d’un autre temps ! Un état odieux ! Deux Etats se font la guerre dans les maisons de Dieu ! Mais il faut bien regarder cette réalité pour comprendre pourquoi les musulmans, surtout les arabes, sont facilement « embarquables » dans des guerres civiles ou dans des guerres entre pays arabes… Pourquoi nous, musulmans, nous sommes encore pulvérisables, colonisables… méprisables ?

Des fleuves de sang coulent en Syrie, l’islamophobie explose en France, la démocratie est massacrée en Egypte, mais nos dirigeants sont occupés par la mascarade du CFCM, préoccupés par la bataille des mosquées et par son butin : leurs gagne-pains.

Mais ne mélangeons pas tout ! Une bonne partie des dirigeants musulmans et des imams qui appartiennent à ces associations en forme de sigles ou à d’autres, sont des gens honnêtes, contraints à faire partie de ce manège pour régler les problèmes financiers que posent la construction et la gestion de leurs mosquées. Plusieurs cheikhs, comme Nejdi, restent un grand espoir pour la communauté. Mais il y a des corrompus qui ont détourné l’argent marocain destiné à financer les mosquées, un institut universitaire islamique à Villeneuve d’Ascq, une télévision islamique en Ile-de-France… pour construire des pavillons en France ou des villas au bled, pour se nourrir et pourrir leurs enfants dans le Haram.

La corruption : ennemi n°1 de l’islam.

Evidemment, ce n’est pas seulement l’argent venu du Maroc qui est détourné, celui venu d’Algérie ou des pétromonarchies aussi, celui des fidèles anonymes aussi. D’ailleurs Bouteflika, qui a réussi à détruire silencieusement l’Algérie avec l’épidémie de la corruption, est l’enfant légitime de ce maghzen.

Evidemment, il n’y a pas que certains imams ou responsables de mosquées qui utilisent l’islam comme un fonds de commerce. De la viande halal aux agences de pèlerinages, de la roqhya à l’humanitaire, les escrocs sont légions. Mais ce qui se passe dans certaines mosquées, dans certaines maisons d’Allah, est un scandale pur. Pire, c’est une politique bien organisée !

C’est la politique de l’émasculation par la corruption. L’inoculation de la prévarication jusqu’à la castration de ce qui fait un Homme de foi. L’arrosage avec des pots-de-vin halal pour construire des marécages au fond de l’âme. Le régime algérien a créé les GIA, Groupes Islamiques de l’Armée, les islamistes terroristes des services. Le régime marocain a créé les cheikhs du chèque sans ordre, les imams aux ordres du maghzen.

Cette politique est un processus long qui nécessite plusieurs années pour soudoyer et foudroyer l’intégrité et la virilité de chaque personnalité religieuse. D’abord on propose à l’imam ou au dirigeant musulman de l’aider financièrement par solidarité islamique, de lui donner un salaire en noir, de l’inviter dans des palaces au Maroc pour des séminaires, de lui faire un prêt qu’il ne rendra pas, de rendre service à sa famille, de lui donner d’autres sources de revenus non déclarées, de le laisser puiser dans la caisse sans le dénoncer… et petit à petit, il est pris dans la toile visqueuse et nauséeuse de la corruption. Sans même être intimidé ou forcé, il devient logiquement un agent du maghzen. L’eau usée coule naturellement vers le marécage. Certains de ces imams du maghzen prétendent avoir tout sacrifié pour l’islam, surtout leurs commerces ou leurs jobs dans l’éducation nationale ou ailleurs, « mais ils ne trompent qu’eux-mêmes, et ils ne s’en rendent même pas compte ». (Verset 9 de la sourate 2).

Des comptes, c’est ce qu’il faut demander aux responsables musulmans, sinon, nous musulmans, nous resterons dirigés par des corrompus, des ignorants ou des agents des ennemis de l’islam. La transparence est synonyme de bonne conscience ; l’opacité de perversité. Demander des comptes à Toufik Sebti, le trésorier du RMF et le notable du CFCM, et à ses semblables, ne signifie pas remettre en cause leur intégrité, mais les mettre face à leur responsabilité. Et nous mettre nous-mêmes face à notre responsabilité. Les mosquées de France, pays libre, ne doivent pas restées, comme nos pays arabes, dirigées par des tyrans corrompus. Sinon, nous ne sommes pas dignes de la liberté. Ni d’être respectés !

Transparence et Résistance :

Le point commun entre le colonialisme français en Algérie et le maghzen, c’est 1 : diviser pour régner ; c’est 2 : la corruption pour créer les caïds. Cette politique a été diagnostiquée et expliquée par Germaine Tillon, qui vient de rentrer au panthéon, dans son livre Le harem et le cousin : utiliser le bakchich pour construire des caïds et détruire les musulmans de l’intérieur.

Réfléchissons à ce hadith de notre prophète et guide : « l’argent est la fitna de ma oumma » ! L’islam de France est devenu une fitna, une corruption et des règlements de comptes, organisés par les Services de l’Algérie, du Maroc et de France. Ainsi, beaucoup de jeunes se radicalisent en réaction à la corruption réelle ou fantasmée de plusieurs imams et responsable musulmans, en révolte contre les blédards parachutés responsables et contre l’ingérence policière.

Contrairement à Israël qui aide intelligemment les juifs de France, nous les musulmans, surtout d’origine maghrébine, nos pays d’origine financent nos guerres intestines et les danseurs de ventre en djellaba. Nous avons le devoir de défendre l’islam contre ceux qui l’utilisent comme fonds de commerce, contre ceux qui se couvrent de l’islam pour le poignarder.

Utilisons les commentaires en bas de cet article pour libérer nos consciences, pour dénoncer, sans diffamation ni haine, avec des exemples concrets et factuels, le mal qui sévit dans certaines mosquées et associations islamiques, pour rendre public les procès qui peuplent les tribunaux et qui opposent des belligérants de mosquées ou des dirigeants dits islamiques, pour dévoiler les détournements de l’argent des mosquées et associations islamiques. Et rappelons-nous les versets 79 et 80 de la sourate 5 qui nous enseignent que les enfants d’Israël ont été maudits parce qu’ils « ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable ». Nous avons le choix entre deux M : être Maudits ou Manifester notre dénonciation du mal.

Al-Khatabi Ben-Badis
12/03/2014

 

 

 

 

"Je ne veux que la réforme, autant que je le puis. Et ma réussite ne dépend que d'Allah. En Lui je place ma confiance, et c'est vers Lui que je reviens repentant."

 

"En vérité, Allah ne change l’état d’un peuple (ou d’une communauté), tant que les [individus qui le composent] ne changent pas ce qui est en eux-mêmes."